Prévention du risque CMR - Cancers professionnels

Le cancer est la première cause de mortalité en France devant les affections cardiovasculaires. Les cancers sont des pathologies multifactorielles et les principaux facteurs de risque identifiés sont : régime alimentaire, tabagisme, alcool, infections, pollution, expositions professionnelles…

Nous n’avons aujourd’hui qu’une connaissance encore partielle de ces facteurs, connaissance qui évolue grâce à la recherche. 

Cependant, d'après une étude, on estimerait que dans 4 à 8,5% des cas, les cancers pourraient avoir une origine professionnelle (ex : amiante pour les mésothéliomes pleuraux, chlorure de vinyle et angiosarcomes du foie, poussières de bois et adénocarcinomes des sinus de la face).

Agir aujourd'hui pour prévenir les cancers de demain

En France, d’après l’enquête SUMER 2010, la proportion des salariés exposés à au moins un agent chimique cancérogène a globalement diminué entre 2003 et 2010 avec une baisse associée des durées et des intensités d’exposition. Mais plus de 10% des salariés (soit plus de 2,2 millions) sont encore exposés au cours de leur travail.

Les secteurs d’activité les plus concernés sont la maintenance, le BTP et le travail des métaux.

Les expositions sont plus fréquentes chez les jeunes (les apprentis en particulier) ainsi que  dans les petites entreprises.

Dans cette étude, les agents cancérogènes les plus fréquemment cités sont les gaz d’échappement des moteurs diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois et la silice. Mais elle ne prend pas en compte certains cancérogènes comme les radiations ionisantes, le travail de nuit (classé en  2010 par le centre international de Recherche sur le Cancer dans le groupe 2A des agents probablement cancérogènes pour l’Homme).

Les cancers professionnels sont des pathologies qui peuvent se déclarer de nombreuses années après la fin des expositions en milieu de travail.

Vous accompagner dans votre démarche d'évaluation et de prévention du risque

La Carsat peut vous aider dans votre démarche d’évaluation et de prévention du risque cancérogène.

Des outils sont à votre disposition :

  • Brochure sur les CMR : "Ce que vous devez savoir sur les agents chimiques cancérogènes mutagènes toxiques pour la reproduction"

Des supports d’information nationaux élaborés par le réseau prévention :

  • fiches d’aide au repérage des cancérogènes (FAR)  : elles aident les entreprises à repérer rapidement si des agents cancérogènes peuvent être rencontrés dans leur activité, à quels postes ou pour quelles tâches et avec quelle probabilité de présence
  • fiches d’aide à la substitution des cancérogènes (FAS) : elles sont destinées à éclairer les entreprises concernées sur les différentes substitutions possibles et à les orienter vers le choix qui leur conviendra le mieux. Elle propose des produits et/ou des procédés de substitution représentant de moindres risques pour la santé des salariés.
  • quatre spots pour la prévention des cancers professionnels (DVD0360)
Info pratique

Ces outils sont disponibles à notre espace Entreprises.

Cancers de la vessie

D’après une étude de l’InVS (Institut national de Veille Sanitaire) de 2003, 14% au moins des cancers de la vessie pourraient être d’origine professionnelle, soit environ 1 000 nouveaux cas chaque année.

Les trois principales familles de substances cancérogènes vésicales reconnues sont les amines aromatiques (AA), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les nitrosamines.

  • Les AA cancérogènes ont été principalement utilisées dans l’industrie des colorants (textiles, cuirs, encres, coiffure), la plasturgie (durcisseurs de résines époxydiques ou polyuréthanes), l’industrie du caoutchouc (accélérateurs, antioxydants…), la synthèse organique. Les expositions les plus importantes concernent surtout les postes de pesée et de préparation des mélanges ; elles ont néanmoins beaucoup diminué, voire disparu, depuis les années 80 ou même plus tôt pour certaines.
  • Les HAP sont des composés présents dans les produits houillers ou pétroliers, les résidus de combustion ou les produits de dégradation thermique de composés organiques au-delà de 500°C. On les retrouve dans les cokeries, les aciéries et fonderies (résines utilisées pour la fabrication des moules et noyaux), l’usinage des métaux (huiles minérales entières peu raffinées ou se chargeant en HAP au cours des utilisations), les revêtements routiers (goudrons et huiles de fluxage surtout), les gaz d’échappement de moteurs Diesel. Dans plusieurs secteurs, les niveaux d’expositions professionnelles ont baissé durant ces dernières décennies là encore, avec par exemple la mise en œuvre de bitumes au lieu de goudrons, d’huiles minérales sévèrement raffinées.
  • Enfin, les nitrosamines sont des composés susceptibles de se former lorsqu’il y a présence simultanée d’amines secondaires et d’agents nitrosants. On peut les retrouver pendant ou après la mise en œuvre de certains procédés : fumées de vulcanisation dans l’industrie du caoutchouc, stockage des pneumatiques, usinage de métaux avec fluides aqueux (interactions d’additifs). 

Les cancers de vessie font partie des pathologies professionnelles sous-déclarées, le plus souvent en raison d’une méconnaissance d’un lien possible avec les situations de travail vécues.

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