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Le système de retraite français

 

La France se caractérise par l’existence de trois grandes catégories de régimes de retraite :

le régime des salariés du secteur privé qui couvre environ 80 % des actifs ;

les régimes spéciaux des salariés du secteur public (État, collectivités locales, entreprises publiques) ;

les régimes des non-salariés (artisans, commerçants, professions libérales et agriculteurs).

Les modalités d’organisation des régimes de retraite varient selon le secteur d’activité mais ils comprennent généralement un régime de base et un régime complémentaire.

Les régimes de base

L’ordonnance du 19 octobre 1945 a créé le régime général qui rassemble (à l’exception des salariés agricoles) tous les salariés du secteur privé. Ils doivent, quel que soit le montant de leur salaire, cotiser à l’assurance vieillesse dans la limite d’un plafond de cotisations.
Le système est fondé sur le principe de la répartition : les cotisations des actifs servent à payer immédiatement les retraites, tout en leur ouvrant des droits pour leur future retraite. Ce système crée ainsi la solidarité entre les générations.

La loi du 22 mai 1946 a posé le principe de la généralisation de la sécurité sociale à l’ensemble des citoyens. Toute la population active devait être appelée à bénéficier, dès 1947, de l’assurance vieillesse dans le cadre du régime général (loi du 13 septembre 1946).

Toutefois, l’unification souhaitée par le législateur ne s’est pas réalisée : les régimes spéciaux, maintenus à titre provisoire en 1945, ont subsisté. Ces régimes ont une origine historique souvent ancienne et sont organisés sur une base socio-professionnelle ou d’entreprise (fonctionnaires, marins, mineurs, SNCF, RATP, EDF-GDF, Banque de France, Opéra et Comédie française).
Par ailleurs, les travailleurs non salariés ont obtenu la création de régimes autonomes :

en 1948 pour les industriels, les commerçants, les artisans et les professions libérales ;

en 1952 pour les exploitants agricoles.

Les régimes complémentaires

Dès le 14 mars 1947, une convention collective nationale entre syndicats d’employeurs et syndicalistes salariés crée l’Agirc (association générale des institutions de retraite des cadres).

Le 8 décembre 1961, une autre convention collective nationale a généralisé et fédéré sous l’égide de l’Arrco (association des régimes de retraite complémentaires) la retraite complémentaire pour les non-cadres.

La loi du 29 décembre 1972 a étendu à tous les salariés l’obligation d’être affiliés à un régime de retraite complémentaire et a posé le principe d’une solidarité interprofessionnelle et générale entre les institutions de retraite complémentaire. Quelques institutions restent toutefois en dehors de la compensation organisée par l’Arrco et par l’Agirc (l’Ircantec pour les agents non titulaires de l’État et des collectivités locales, la CRPNAC pour le personnel naviguant de l’aviation civile et la CGRCE pour le personnel des caisses d’épargne).

Chez les travailleurs non salariés, on observe le même mouvement :

un régime complémentaire obligatoire a été créé pour les artisans en 1979 ;

un régime facultatif a été mis en place pour les industriels, les commerçants (1978) et les exploitants agricoles (1988-1990) ;

des systèmes complémentaires très variés sont apparus pour les professions libérales.

Le régime général comme les régimes spéciaux et complémentaires des salariés et des non-salariés est obligatoire et géré en répartition.

Le paysage de la retraite en France (source GIP Info retraite)

 

SALARIÉS RETRAITES DE BASE RETRAITES COMPLEMENTAIRES
Ouvriers et employés de l’industrie, du commerce et des services

L'Assurance Retraite (Régime général de la Sécurité sociale)

+ Arrco
Cadres de l’industrie, du commerce et des services + Arrco + Agirc
Agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques

+ Ircantec

Ouvriers et employés de l’agriculture MSA

+ Arrco

Cadres de l'agriculture + Arrco

+ Agirc

Salariés relevant
d'entreprises
ou de professions
à statut particulier

Banque de France, Retraite des Mines, CNIEG (EDF-GDF), CRPCF (Comédie française), CRPCEN (Clercs et employés de notaires), CRPN* (Personnel navigant), ENIM (Marins), OpÉra de Paris, Port autonome de Strasbourg, RATP, SNCF

* Retraite de base gérée par la Cnav

FONCTIONNAIRES RETRAITES DE BASE RETRAITES COMPLEMENTAIRES

Fonctionnaires de l’État,

magistrats et militaires

Service des pensions de l’État
+ RAFP (Retraite additionnelle)

Agents de la fonction
publique territoriale
et hospitalière

CNRACL
Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales
+ RAFP (Retraite additionnelle)

Ouvriers de l’État

FSPOEIE
Fonds spécial des ouvriers des établissements de l’État

NON-SALARIÉS RETRAITES DE BASE RETRAITES COMPLEMENTAIRES
Exploitants agricoles

MSA (Mutualité sociale agricole)

 

 

Artisans, commerçants et industriels

RSI (Régime social des Indépendants)

(= Fusion Ava et organic)

 

Professions libérales

CNAVPL : Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (base et complémentaire + supplémentaire
selon les sections professionnelles)
CAVOM (Officiers ministériels), CARMF (Médecins), CARCD (Dentistes), CAVP (Pharmaciens), CARSAF (Sages-femmes), CARPIMKO (Infirmiers, kinésithérapeutes...), CARPV (Vétérinaires), CAVAMAC (Agents d’assurance), CAVEC (Experts-Comptables), CIPAV (Architectes et autres professions libérales), CRN (Notaires).

 

CNBF (Avocats)
Caisse nationale du Barreau français

 

Artistes, auteurs

d’œuvres originales

CNAV
Régime général de la Sécurité sociale

 

IRCEC
Retraite complémentaire et supplémentaire

 

Religieux

CAVIMAC

 

 

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